Forum RPG, inspiré d'Experience n° 7
 

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Au détour d'un labyrinthe (libre)
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Lun 1 Mai - 1:31
La nuit tombait sur les Monts Rocheux et le vent soufflait, glacé et cinglant, s'infiltrant sournoisement par les ouvertures des grottes, nombreuses sur cette paroi rocheuse, provocant des sifflements angoissants.
Un frisson me parcouru l'échine, hérissant davantage, si c'était possible, la crête qui courait le long de mon cou jusqu'entre mes épaules. Mon pelage n'était pas des plus lisses avec un temps pareil, mais c'était bien le cadet de mes soucis. On ne peut se targuer d'être explorateur si on arbore une robe luisante impeccable. Je suis un aventurier moi, mon bon matou, sans peur et sans attache. Ou presque.

Je regrettai quand même un tout petit peu de ne pas m'être trouvé un endroit plus abrité pour passer la nuit, parce qu'avec tout ce boucan, trouver le sommeil ne serait pas une partie de plaisir. Mais en attendant que la fatigue me gagne, j'étais envahi par la curiosité et l'excitation. Je n'avais visité qu'une infime partie du labyrinthe que formait ses grottes semi-artificielles, autrefois creusées par les humains, puis laissées à la merci des éléments, quel genre de découverte allais-je faire ? Avec de la chance, un coin pour dormir, mais pas trop vite par pitié.

Je songeai un instant à mon père, qui devait se la couler douce à l'Oasis en ne songeant qu'à ses ambitions de devenir messager. C'était bien qu'il cherche à réaliser ses rêves, mais il était loin d'être aussi téméraire que moi. Téméraire, un qualificatif qui semble, pour la plupart, impossible à donner à un caméléon. Quoi que j'étais plus solitaire dans l'âme, mais j'avais une famille à l'Oasis, une famille qui ne prenait aucun risque inutile et pour laquelle je n'avais pas à m'inquiéter, mais que je devais bien inquiéter par mes absences prolongées.

J'eu un petit sourire malicieux, j'étais irrécupérable. A croire que je n'étais pas le fils de mes parents. Mais trêve de tergiversions, j'ai un réseau de grotte à explorer.

Je m'enfonçai donc profondément malgré la pénombre, j'avais beau être un chat, dans l'obscurité la plus totale, j'étais presque aveugle. Je m'orientais principalement à l'odorat, mon ouïe étant perturbé par les sifflements intempestifs du vent. Je n'avais pas peur de me perdre, au contraire, ça avait tendance à me réjouir, j'étais excessivement imprudent, sans aucun doute, mais je savais comment trouver la sortie. Il suffisait de remonter les courants d'airs.

Je me figeais en percevant des bruits feutrés de pas félin. Un autre chat se promenait par ici, il s'agissait maintenant de savoir si c'était un ennemi ou non. J'avais une malchance sur quatre, ma bonne étoile était-elle avec moi ?

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Lun 1 Mai - 2:22


Rp Libre de Toral ~
Au détour d'un labyrinthe



« Creuse, creuse autant que tu peux, tu peux découvrir ce qu'il y a sous toi mais tu ne sauras jamais ce qu'il y a en toi. »



Tu étais venue tôt le matin.
Tu avais vu ces parois rongées.
Ce n'était pas le temps.
Ni la nature.
Ce ne pouvaient être que les humains.
Toujours et encore les humains.
Mort.
Destruction.
Haine et Chaos.
Tout ce qu'ils ont insufflé dans ta vie avant même ta naissance.
Tu l'avais imaginé, ce qu'elle aurait été.
Sans modification tu aurais été aimée de ta famille.
Soutenue par ton clan.
Les soldats ne vous auraient pas attaqués.
Tu n'aurais pas vu ton père mourir.
Tu n'aurais pas senti le feu embraser ton corps frêle.
Tu n'aurais pas vu la haine dans les yeux de ta soeur.
Tu n'aurais vu Miyu mourir pour ton pouvoir.
Tu n'aurais pas connu tout ce que personne ne devrait jamais connaître.
Le monde est froid.
Le désert est chaud.
Tu aimes le désert.
C'est ton refuge.
Est-ce que ces montagnes pourraient l'être aussi ?
Tu t'étais engouffrée dans les galeries, sans chercher à comprendre où tu allais.
Sans savoir que tu allais peut-être y rester pour toujours.

Cela fait des heures que tu parcoures ces galeries.
Il fait froid mais une fièvre t'étouffe.
Tes coussinets écorchés cherchent une issue.
Tu tremble.
Pas de froid.
De peur.
C'est terrifiant.
Le bruit du vent.
Le noir.
La solitude.
L'angoisse qui saisit au ventre et noue la gorge.
Perdue dans les couloirs des Monts Rocheux.
La nuit est déjà tombée.
Tu avances lentement, à tâtons, cherchant une issue.
Tu t'es perdue dans ton esprit.
Et maintenant tu es perdue dans la roche.
Une odeur de terre.
De poussière.
De l'abandon.
La peur de finir délaissé.
Tu as peur.
Tu as toujours peur.
Tu parles à voix haute pour te rassurer :

« Dis Passie, tu es là ?
- Toujours Mhei, toujours. Je ne t'ai jamais quittée, tu sais ?
- Pourquoi tu restes avec moi ?
- Parce que si je te quitte je meurs. Et toi tu redeviendrai saine d'esprit. Je ne peux pas permettre ça. »

Une vague lueur se détache soudain, éclairant la paroi du boyau d'un reflet bleuté.
Tu entends le frottement d'un coussinet à tes côtés.
Tu n'as jamais été aussi heureuse de ton pentagramme.
Grâce à son aura tu distingues le chemin devant toi.
Le trou continue sur une ou deux longueurs de queue de renard, puis, fondant avec un boyau parallèle au tien, une large ouverture s'ouvre vers l'obscurité.
Tu avances vers ce croisement, persuadée d'avoir trouvé un espoir.
Ta gorge est sèche, ta respiration affolée.
Tu te retournes et distingue, dans l'autre petit boyau, un chat au pelage bleu.
Quelle couleur étrange...
Tu n'avais jamais vu de chat au pelage bleu d'aussi près.
N'aurait-il pas dû changer de couleur ?
Sauf si sa mutation vient de sa naissance...
Ta voix s'élève, rauque, en direction de cet autre matou perdu :

« Sais-tu où se trouve la sortie ? »

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" Au fond, qu'est-ce que la normalité, qu'est-ce que la folie ? On me dit différente mais en réalité je ne suis que décalée d'un pas sur le même chemin.
Ma vue est seulement plus dégagée. 
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Lun 1 Mai - 14:03
Une voix retentit, une voix féminine teintée d'angoisse.

"Dis Passie, tu es là ?"

J'étais certain de n'avoir perçut qu'un seul chat, mais peut-être qu'ils étaient deux perdus là dedans et qu'ils s'étaient séparés.

"Pourquoi tu restes avec moi ?"

Ou pas ... Peut-être qu'ils communiquaient par télépathie ou que ce n'était pas deux chats ensembles, mais un chats et un autre aniamal. Plus rien ne pouvais me surprendre, les pouvoirs permettaient tellement de chose difficiles à concevoir. Je n'arrivais pas à identifier l'odeur de la chatte, elle sentait principalement le sable, pourtant elle n'avait pas le parfum fruité de l'Oasis. Peut-être une vagabonde comme moi, je n'étais pas le seul à aimer me promener.

J'entendit ses pas s'accélérer et se rapprocher, je choisis de ne pas bouger. Elle finirait par me remarquer quoi qu'il arrive, mais comme elle ne sentait pas l'humain, elle n'était pas une ennemie.
Elle déboula devant moi, son air affolé et perdu me confirma ce que j'avais supposé, elle s'était égarée dans le dédale des grottes. Je devinai l'espoir dans son regard, on aurait bien dit que j'étais devenu son héro.

"Sais-tu où se trouve la sortie ?"

Je lui sourit pour tenter de la calmer, elle avait l'air bien perturbée, mais elle n'avait plus rien à craindre maintenant, puisque j'allais la tirer de ce mauvais pas.

- Je peux facilement en trouver une, on est pas loin de l'entrée que j'ai pris, lui assurai-je.

Je tournai sur moi même pour faire demi-tour et lui fit signe de me suivre.

-Par là.

J'avançai doucement, une oreille vers le vent et l'autre pour ma petite rescapée dont je n'arrivai pas à deviner la robe dans la pénombre. Bien vite, je sentit le souffle glacé sur mon pelage et imaginai sans peine le soulagement et l'enthousiasme que pouvait ressentir la chatte que je guidais. Je m'attendais presque à la voir me dépasser en courant pour se précipiter vers la sortie ainsi annoncée.
Pour ma part, j'avais prévu de m'avancer plus profondément dans les grottes, mais je ne pouvais décemment pas laisser seule cette pauvre minette qui avait passé je ne sais combien de temps à errer dans le noir entre les couloirs étouffants de ce labyrinthe. A sa voix, je pouvais conclure qu'elle était assoiffée et elle avait sans doute faim aussi. Il était inutile d'être particulièrement serviable pour venir naturellement en aide à un autre chat dans le besoin, surtout quand on savait qu'il avait vécu de pénibles épreuves.

Nous sortimes et je m'assit non loin de l'entrée, les yeux plissés à cause de la violence du vent, je guettai sa réaction.

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Lun 1 Mai - 15:17


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Au détour d'un labyrinthe



« Creuse, creuse autant que tu peux, tu peux découvrir ce qu'il y a sous toi mais tu ne sauras jamais ce qu'il y a en toi. »



Un sourire.
Le vent.
La pénombre.
Et un sourire.
Quelle étrange combinaison.

« Je peux facilement en trouver une, on est pas loin de l'entrée que j'ai pris. »

Sa voix est douce.
Posée.
Calme.
Il sait ce que toi tu ne sais pas.
Il sait où il va.
Il fait demi-tour, te fais signe de venir.

« Par là. »

Puis il s'enfonce dans le noir.
Tu le suis, terrifiée.
Tu ne veux pas rester seule.
Les boyaus se resserrent, s'élargissent, se tordent et convulsent.
Devant tes yeux le monde reste flou et distordu.
Chaque nouveau pas n'en est que plus dur.
Le vent devient de plus en plus fort.
Tu voudrais faire marche arrière.
Le vent te fait peur.
Son chant est tranchant.
Ton coeur en saigne.
Il est glacé.
Gelé comme le coeur de Passie.
Tu pourrais presque entendre sa voix dans les courants d'air.
Ses pattes givrées entoure ton esprit.
Tu as peur du vent.
Tu es soulagée d'avoir trouvé un allié.
Enfin, en est-ce vraiment un ?
Il ne sent pas le soldat.
Il ne sent pas le felinae.
Il sent le désert.
Comme toi.
Mais son odeur est multiple.
Il ne porte pas que la sienne.
Il doit avoir une famille.
Il doit avoir un clan.
Il doit être aimé.
Tu sens une pointe de jalousie naître dans ton coeur avant de te rappeler.
Si tu avais une famille elle serait à plaindre.
L'autre en tout cas l'a été.
Tu te doutes de son appartenance.
Tous les autres groupes ont été détruits.
Caméléons.
Ceux qui t'ont rejetée.
Ceux qui avaient raison de le faire.
Le vent te fait moins peur tout d'un coup.
L'air se rafraîchi, prend une senteur bien connue.
Celle qui anime tes rêves et calme tes cauchemars.
Ton désert bien aimé.
Soudain c'est fait.
Devant toi l'infini.
Derrière toi les méandres des grottes.
Des tremblements te prennent.
L'autre ne parle pas, il reste assit non loin de toi.
Le vent est violent ici, mais au moins il ne hurle plus.
Tu hésites à prendre la parole.
Puis tu te rappelles les paroles de Passie.
Si je te quitte, je meurs

« Si je t'avais quitté je serais morte. Il le savait. Il sait toujours tout quand moi je ne vois rien. Merci. »

Ta voix est asséchée.
Mais tu n'as pas soif.
Tu ne ressens pas ce besoin insoutenable.
Le désert t'a appris à économiser l'eau.
Tu avais trouvé une vasque dans les galeries.
Tu as su l'y étancher.
Tu n'as pas soif pour le moment.
Mais tu as faim.
Une faim que tu as appris à contrôler même quand elle te ronge.
Et que tu ne contrôles plus.
Ton estomac se tord, te fais souffrir.
Et dans ta gorge naît un gémissement de douleur.

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Lun 1 Mai - 17:49
"Si je t'avais quitté je serais morte. Il le savait. Il sait toujours tout quand moi je ne vois rien. Merci."

Je hausse un sourcil, perplexe. Son discours ne fait pas beaucoup sens, mais je retiens ses remerciements et la présence d'un autre.

-Il y a quelqu'un d'autre perdu dans les grottes ? Demandai-je en me relevant.

J'étais prêt à y retourner. Cela pouvait paraître étrange de la part de quelqu'un qui préférait errer seul sur ces terres torturées, mais j'avais ce sens du devoir qui me poussait à agir pour aider ceux que je pouvais aider. Il n'y avait pas à réfléchir, quand on avait les moyens de porter secours aux autres, il fallait le faire, il n'y avait simplement pas d'autre choix possible à mes yeux. Je vivais sans regret, c'était ma façon d'être, alors je faisais tout pour n'en avoir aucun. Je refusais de vivre avec un poid quelconque sur ma conscience, cela ne ferait que me ralentir, m'emprisonner dans quelque chose de bien pire qu'une cage ou un labyrinthe.

Je détaillai la chatte avec plus d'attention. Ses mots étranges m'inquiétaient un peu sur sa santé mentale, mais elle était peut-être simplement épuisée et son ventre gargouillait bruyamment. Elle délirait probablement un peu derrière ses grands yeux clairs, son pelage gris pâle secoué par le vent. On aurait presque dit un fantôme, ç'en était peut-être vraiment un, mais je n'avais pas peur, elle n'avait pas l'air agressive, ni même en état de pouvoir me faire le moindre mal. J'étais bien plus grand qu'elle, qui ressemblait presque à un chaton, je pouvais sans doute la renverser d'une pichenette.

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Sam 6 Mai - 18:36


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Au détour d'un labyrinthe



« Creuse, creuse autant que tu peux, tu peux découvrir ce qu'il y a sous toi mais tu ne sauras jamais ce qu'il y a en toi. »



Il se relève.
Il ne comprend pas.
C'est normal.

« Il y a quelqu'un d'autre perdu dans les grottes ? »

Il s'inquiète pour Passie.
Pour celui qui te torture.
Celui qui ne s'inquiète que pour lui même.
Il te regarde bizarrement.
Peut-être qu'il comprend enfin ?
Que ce mot lui vient à la tête.
Qu'il le refuse.
Qu'il le garde caché.
Qu'il n'y croit pas encore.
Que tu devras lui montrer.
Passie marche à ses côtés.
Lui, perdu dans les grottes ?
Tu aurais bien voulu l'y laisser.
Tu secoues la tête.
Rien n'est vrai.
Passie n'est pas perdu.
Juste toi.
Il te regarde d’un air nerveux.
Il tourne autour du chat bleu.
Tu ne sais pas ce qu’il pourrait faire.
Tu en as peur.

« Dis moi Mhei… N’as tu jamais envisagé de tuer ?
- Bien… Bien sur que non, pourquoi ? Tuer est un acte répugnant, bien plus que toute autre chose qu’on puisse faire. Ôter la vie c’est détruire une partie de la sienne.
- Pourtant ça ne t’a pas semblé si difficile lorsque tu as choisi de ne pas sauver ton père d’une mort certaine… Tu aurais pu vaincre ce soldat qui te retenait, tu le sais… Quand on veut, on peut. Alors quelle est la différence entre toi et celui qui a ouvert la gorge de ton géniteur ? Vous l’avez tous deux regardé se vider de son sang sans réagir…
- Non non tu ne sais rien, ça ne s’est pas passé comme ça… je ne suis pas comme lui !
- Mais si, bien sûr que je sais, j’étais là moi aussi… Tu ne t’en souviens pas ? »

Des larmes acides roulent sur tes joues.
Il était bien là.
Il en est mort.
Tu regardes le chat bleu.

« Il le sait maintenant. Il ne peut pas le nier. Tu es folle Mhei. Tu l’as toujours été. Il n’aurait pas du te sauver. Car aujourd’hui tu aurais du mourir dans les grottes des Monts Rocheux.
- Tu mens ! Tu ne fais que mentir ! Je ne veux plus te croire ! »

Tes pattes s’effondrent sous ton poids.
Devant toi Passie rigole.
Et le monde de tes cauchemars t’engloutit.

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Lun 8 Mai - 18:34
Elle me regarde et je ressens le désespoir dans ses yeux. Qui finissent pas se dérober, regarder quelque chose d'autre, je n'ai pas besoin de vérifier, je n'entend et ne sens rien, il n'y a rien à côté de moi. Rien que je ne puisse percevoir, mais qu'elle a l'air de voir. Un fantôme ? Un souvenir ? Est-ce qu'elle avait le pouvoir de voir ce qui ne pouvait être perçut ?

"Bien… Bien sur que non, pourquoi ? Tuer est un acte répugnant, bien plus que toute autre chose qu’on puisse faire. Ôter la vie c’est détruire une partie de la sienne."

Et elle entendait aussi apparemment. Je couchai une oreille, pensif. Je ne pouvais pas la laisser là, toute seule avec ses visions, elle pourrait retourner se perdre en les suivant. Je n'avais pas prévu cela, mais il faudrait sans doute que je l'emmène quelque part où elle ne se mettrait pas en danger toute seule. Le problème principal était de savoir si elle avait assez d'ancrage dans la réalité pour pouvoir survivre par elle-même. Mais je ne savais pas si c'était une bonne idée de lui demander, elle pensait peut-être que ce qu'elle voyait était réel et pouvait très mal réagir si je lui laissais entendre que certaines choses qu'elle voyait et entendait n'étaient pas réelles.

Quand au sens de ses mots, il était certes inquiétant, mais une fois encore, je n'étais pas vraiment inquiet. Je l'observais converser avec ce qui n'avait pas l'air d'être un ami, si c'était une apparition ou quelque chose dans le genre, je ne risquai rien. Les choses de l'autre monde n'avaient que rarement de l'impact sur le vivant, là où ça pouvait devenir dangereux, c'était si cette chose que je ne voyais pas était la manifestation d'un pouvoir.

"Non non tu ne sais rien, ça ne s’est pas passé comme ça… je ne suis pas comme lui !"

J'étais véritablement peiné pour elle, elle avait l'air d'avoir vécu de terribles épreuves, bien pires que de se perdre dans un labyrinthe sombre. C'était le cas de beaucoup de chats en ces temps troublés, moi je faisais parti des chanceux, je n'avais pas subi d'expérience, pas perdu de proche, vécu en sécurité au sein d'une guilde qui se tenait loin de toute sorte de conflit.

Elle se mit à pleurer et je ne savais plus où me mettre. Réconforter les autres, c'était pas vraiment mon truc. J'étais moi même pas super adroit avec mes propres émotions, alors celles des autres ... J'eu une brêve pensée pour Plume Noire, une autre chatte torturée par une voix dans sa tête, une autre personnalité, mauvaise et assoiffée de violence, qui la torturait quotidiennement.

"Tu mens ! Tu ne fais que mentir ! Je ne veux plus te croire !"

Elle semblait au fond du gouffre. Je décidai d'abonner tout raisonnement et de faire ce que je faisais le mieux : improviser.
Je me rapprochai d'elle doucement et m'allongeai à côté d'elle. J'étais si proche, nos pelages se frôlaient, secoués par le vent. Je fixai le point où je me trouvais juste avant, elle avait regardé quelque chose bouger près de moi, alors je supposai que la chose n'avait pas bougé.

-Tu es courageuse, lui dis-je. Tu as passé tout ce temps seule perdue dans le noir avec ce qui cherche à te faire du mal. Personne ne peut imaginer comme ça doit être dur. Tu es courageuse et tu es forte. Je comprend pas tout ce qu'il se passe, mais t'as raison de pas te laisser faire.

Je me tournai vers elle et la regardai dans les yeux, je voulais qu'elle voit ma sincérité, j'étais quelqu'une de franc et entier. J'étais pas forcément très futé, ni très gentil, et j'étais certainement pas le chat dont elle avait besoin dans cette situation, mais je disais toujours ce que je pensais.

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Sam 13 Mai - 14:49


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Au détour d'un labyrinthe



« Creuse, creuse autant que tu peux, tu peux découvrir ce qu'il y a sous toi mais tu ne sauras jamais ce qu'il y a en toi. »



Le monde est d'encre.
D'encre et de douleur.
Des nuages noirs ont englouti tes pupilles.
Ils dansent devant tes yeux.
Ils ensorcellent ton esprit.
Comme d'immense bras de fumée.
De longs tentacules mouvant.
Ils se tordent, s'envolent, vivent.
Ils caressent ton pelage.
Ils s'interrogent devant l'autre.
Ils nimbent Passie.
L'autre ne les voie pas.
Un frisson.
Qui parcourt ton corps.
Glisse sur ton échine.
S'enfuit vers tes pattes.
Tu es folle.
Incroyablement folle.
Il a raison.
Tu l'as toujours été.
Tu n'as même plus la force d'en être triste.
Tu es fatiguée de la tristesse.
Fatiguée de la peur.
Fatiguée de lui.
Fatiguée.
Tu aimerais tant dormir.
Ne jamais te réveiller.
Ou seulement quand ce sera la fin de ce cauchemar.
La fin de ce monde noir et blanc.

Un pelage frôle le tien.
Le vent souffle toujours.
Passie te regarde dans les yeux.
Il devine tes souffrances.
Il comprend tes dilemmes.
Mieux que personne ne le fera jamais.
L'autre s'est couché.
Passie ne te fixe plus.
Il fixe l'autre.
L'autre qui le regarde.
Peut-il le voir ?
Vraiment ?

« Tu es courageuse. Tu as passé tout ce temps seule perdue dans le noir avec ce qui cherche à te faire du mal. Personne ne peut imaginer comme ça doit être dur. Tu es courageuse et tu es forte. Je comprend pas tout ce qu'il se passe, mais t'as raison de pas te laisser faire. »

Il te regarde dans les yeux.
Deux prunelles ambrées.
Qui scintillent de vérité
Tu es forte.
Incroyablement forte.
Il a raison.
Tu l'as toujours été.
Tes yeux sont embués.
Tu dois le faire.
Faire ce qu'il faut.
Pour qu'enfin tu lui échappe.
Tu dois comprendre pourquoi.
Comment ?
Tu lui demandes.

« Comment je pourrais faire ? Pour m'échapper ? Pour revoir la lumière du jour ? »

Passie est le premier à répondre.
Il semble amusé.
Amusé de te voir chercher.

« Alors tu n'as toujours pas compris ?
- Compris quoi ?
- Que personne n'est jamais venu.
- Comment... Comment ça ?
- Tu es sortie par toi même. L'autre n'existe pas. Tu aurais du t'en douter, depuis quand as-tu approché un chat bleu ? »

L'autre a peut-être répondu.
Tu ne sais pas.
Le bourdonnement.
Tu n'entends que lui.
Une pierre qui descend dans ton coeur.
Bloque ta gorge.
Tu es sur le point d'exploser.
Tu n'en sortiras jamais.
De tous ces mensonges.
De toutes ces hallucinations.
Tu regarde l'autre.
Il avait l'air si vrai.
Si réel.
Si unique.
Un peu trop.
Passie a raison.
Encore une erreur.
Tu resteras toujours seule.
C'est ton destin après tout.
Tu es écoeurée.
Tu déteste ce chat bleu.
Et tous ces faux espoirs.
Tu te relève, tendue.
Ta voix est froide.
Tremblante.
Ne pas pleurer.
Ne pas montrer la blessure.

« Je pense que tu devrais partir. J'ai déjà Passie, je n'ai pas besoin d'être tourmentée par une hallucination de plus... »

Mal.
Tu as mal.
D'être déçue.
D'être trahie.
D'être seule.
Par les actes des autres.
Par les actes des hommes.
Qui font s'ouvrir le sol.
Pleurer les roches.
Énerver le vent.
Et dans cette douleur la vie perd son éclat.
Comme derrière une vitre teintée.
Les pupilles de l'autre ont perdu leur couleur.
Le monde est de nouveau d'encre.
De nuances noires et d'ombres.
Plus une couleur aux alentours.
Les serpents de fumée continuent de tourner.
Ils dansent vers lui.
Ils le cajolent.
Ils l'entourent.
Ils l'aiment.
Passie n'est plus là.
Et devant toi le faux chat bleu est maître des nuages.

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Sam 13 Mai - 23:30
Elle me regarda avec un mélange d'étonnement et d'espoir. J'étais parvenu à regagner son attention, et peut-être à lui faire oublier ses visions. Dans ses yeux naquit une question qu'elle formula assez vite.

"Comment je pourrais faire ? Pour m'échapper ? Pour revoir la lumière du jour ?"

En voilà de bonnes questions, je n'étais vraiment pas le bon chat pour l'aider. Je n'avais jamais eu affaire à quelqu'un d'aussi perdu dans son esprit jusqu'à présent, je n'avais aucune idée de ce que je devais lui répondre.
Et le temps que je cherchais mes mots, je la perdit à nouveau peu à peu. Ses yeux s'agitaient, ses oreilles ne savaient plus vers quoi se tourner, sa queue s'agitait nerveusement.

"Compris quoi ?"

J'avais mis trop de temps.

"Comment... Comment ça ?"

L'autre avait été plus rapide, mais que lui disait-il ? Elle avait l'air bouleversée, quelque chose n'allait pas, elle me regardait comme si j'étais un monstre.

-Ne l'écoutes pas, soufflais-je en vain.

Elle était ailleurs, perdue dans ses cauchemars, ma voix ne l'atteignait plus.
Elle finit par se lever et me regarda avec froideur, ses mots se font tranchants.

"Je pense que tu devrais partir. J'ai déjà Passie, je n'ai pas besoin d'être tourmentée par une hallucination de plus..."

Elle me prenait pour une hallucination. Cela me confirmait à quel point sa situation était terrible, elle n'avait plus aucune ancre avec la réalité, elle ne faisait plus la différence entre ses visions et ce qui se passait vraiment. C'était affreusement dangereux, elle pouvait voir des ponts où il n'y en avait pas, ne pas percevoir le danger, tomber, se faire dévorer, se faire capturer.

Je regardai le sol, moi aussi j'avai besoin de retourner à la réalité. Je ne devais pas me laisser submerger par la confusion et l'impuissance, je devais trouver les bons mots. Parce que si elle s'imaginait que j'allais la laisser seule dans cette situation, elle se trompait lourdement. Je n'étais pas du genre à abandonner les autres quand ils étaient dans la panade.

Je soupirai, je restai allongé et fixai le sol.

-Je te tourmente ? Lui demandai-je. Est-ce que ça a de l'importance si je suis une hallucination ? Est-ce que ça fait de moi quelqu'un de mauvais ? Si je te tourmente vraiment, alors je m'en vais. Mais si je t'aide d'une façon ou d'une autre à te sentir mieux, est-ce important que je sois une hallucination ou non ? Tes autres hallucinations ont l'air mauvaises, je suis mauvais comme elles ?

Je l’assaillais de question, ce n'était sans doute pas une bonne solution, je vais peut-être l'embrouiller davantage. Mais je prend le risque, avec ma franchise nue, quitte à choquer. Je ne sais pas faire autrement, j'espère juste que je n'aurais pas à le regretter, pas pour moi, mais pour elle.

Je relevai les yeux et je la regardai. Si elle me demandait de partir, je n'oserais pas aller contre sa volonté, je n'avais qu'une parole. Mais j’espérais vraiment qu'elle me demanderait de rester, même si ce n'était que pour un bout de chemin. Car bien sur, je ne pourrais pas rester avec elle pour toujours. Mais je voulais au moins l'emmener vers un lieu plus sûr, pas sur le flanc de la montagne d'où elle pouvait dégringoler au moindre faux pas.



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Mer 17 Mai - 22:03


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Au détour d'un labyrinthe



« Creuse, creuse autant que tu peux, tu peux découvrir ce qu'il y a sous toi mais tu ne sauras jamais ce qu'il y a en toi. »


Il n'est plus là.
Il ne reste que les nuages.
Qui tourbillonnent.
De plus en plus vite.
Qui se tordent.
De plus en plus fort.
Et leur maître.
Une peur immense.
Ou plutôt une angoisse.
Un mal-être prenant.
Puis viennent les mots.

« Je te tourmente ? Est-ce que ça a de l'importance si je suis une hallucination ? Est-ce que ça fait de moi quelqu'un de mauvais ? Si je te tourmente vraiment, alors je m'en vais. Mais si je t'aide d'une façon ou d'une autre à te sentir mieux, est-ce important que je sois une hallucination ou non ? Tes autres hallucinations ont l'air mauvaises, je suis mauvais comme elles ? »

Trop de questions.
Trop de réponses.
Mal à la tête.
Non.
Non.
Non.
Non.
Non.
Il le faut.
Que ça sorte.
Que tu t'en échappes.
Qu'il s'échappe.
Une murmure.
Non, un cri.
De peine.
De douleur.
De colère.
De souvenirs.
D'expulsion.

« NON ! »

La tête qui tourne.
Tu titubes, tu ne comprends pas. Tu ne comprends plus.
Où es-tu donc ?
Autour de toi un paysage de pierre immense s'étend jusqu'à l'horizon des montagnes géantes qui s'étalent en harmonie. Le ciel est sombre, gris, celui d'un crépuscule caché. Le vent souffle, toujours plus fort, se glisse sous ta fourrure et déloge les grains de sables nichés entre tes poils.
Tu te sens vide.
Très vide.
Mais terriblement bien. Comme si on avait nettoyé ton esprit, qu'on avait effacé toutes les impuretés. Tu regardes le chat bleu qui te fait face. Tu ne comprends pas. Ton... ton pentagramme est éteint ? Et cette fois tu le sais. Le chat en face de toi est bien réel.
Ce n'est pas une hallucination... se pourrait-ce vraiment que... ?
Ton pouvoir s'est éteint. Pour la première fois depuis la mort de ta grand-mère.
Tu sens naître de nouvelles larmes naître en toi. Mais ce ne sont pas des pleurs de tristesse. Ce sont des larmes de joie. Accompagné d'un rire, un vrai rire. Cristallin, épuré. Cela faisait bientôt quinze lunes. Quinze lunes que tu n'avais pas eu ce sentiment.
De plénitude.
De normalité.
Tu penches la tête pour répondre au chat qui te fait face.
Il ne doit pas comprendre grand chose, le pauvre.
Toi non plus d'ailleurs. Cela fait longtemps que ton esprit est embrouillé. Tu ne te souviens de rien. Tes derniers vrais souvenirs sont ceux de ta transformation.

« Je suis désolée, ça faisait longtemps que je ne m'étais... Je ne sais même pas comment t'expliquer à vrai dire. Je pense que tu as du t'en rendre compte. Je n'étais pas moi même... Je crois que je n'ai jamais été moi même. Où est-ce qu'on est d'ailleurs ?   »

Tu portes une odeur différente. Depuis combien de temps ? Où est passée celle diffuse de ton clan ? Pourquoi sens-tu le désert ? Une odeur piquante, sèche et chaude ?



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Ma vue est seulement plus dégagée. 
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Jeu 18 Mai - 1:10
Je serrait les crocs en la voyant agitée. Mes questions l'avaient perdue davantage, ses yeux et ses oreilles avaient entamé une danse folle, elle semblait se noyer. Je me relevai prudemment, prêt à la plaquer au sol pour l'empêcher de se faire mal ou de m'attaquer. Mon cœur battait la chamade, inconsciemment son état de panique déteignait sur moi et ma queue s'agita dans mon dos alors que mon poil se hérissait légèrement.

Elle se mit à hurler, je baissai les oreilles et me tassai, prêt à bondir, une pointe de regret au creux de mon thorax. Je n'aurais pas dû la pousser la bout, c'est de ma faute tout ça.
Je secouait la tête. Non, non, je n'y suis pour rien. Elle est juste malade, ce n'est la faute de personne.

Et d'un coup, le temps sembla se figer. Le souffle de vent me parut moins agressif, l'atmosphère devint plus respirable. Je la voyais détendue, contempler la montagne avec un regard presque rêveur, détaché. J'avais devant moi une toute nouvelle chatte, complètement différente de celle que j'avais tiré du labyrinthe. Et par extension, je me détendit à mon tour et me redressait. J'avais conscience que je la fixais sans doute d'une façon un peu trop intense, mais je voulais comprendre. Je voyais bien qu'il s'était passé quelque chose, mais quoi ? Est-ce que mes mots avaient finit par l'atteindre ? Est-ce que j'y étais vraiment pour quelque chose ? J'avais du mal à le croire.

Cette nuit devient de plus en plus bizarre, pensai-je.

Elle se tourna vers moi et je sentit un frisson me parcourir l'échine. Mais elle n'avait plus peur de moi, elle ne me rejetait plus, elle me lançait juste ce regard interrogateur, comme si elle me rencontrait tout juste.

« Je suis désolée, ça faisait longtemps que je ne m'étais... Je ne sais même pas comment t'expliquer à vrai dire. Je pense que tu as du t'en rendre compte. Je n'étais pas moi même... Je crois que je n'ai jamais été moi même. Où est-ce qu'on est d'ailleurs ? »

Sa voix était posée, calme et sonnait tellement sensée. Enfin une réponse claire et compréhensible, ça faisait presque bizarre. Et elle me confirmait que je n'avais pas affaire à la même personne. C'était donc bien comme pour Plume Noire, deux personnes partageaient ce corps et l'une d'elle était particulièrement instable.

-Aux Grottes Troglodytes, dans les Monts Rocheux, au milieu du désert ...

Je la fixai avec insistance.

-Tu étais perdue, ajoutai-je en indiquant les grottes d'un mouvement de tête. Je t'ai aidé à sortir ... Enfin j'ai aidé l'autre toi.

Je la désignai d'une patte. Je me senti un peu ridicule, cette conversation redevenait un peu trop hors du commun. Je reposai ma patte et pris une inspiration. Tout allait bien maintenant, tout était redevenu normal, je pouvais enfin souffler.


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Lun 22 Mai - 19:44


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Au détour d'un labyrinthe



« Creuse, creuse autant que tu peux, tu peux découvrir ce qu'il y a sous toi mais tu ne sauras jamais ce qu'il y a en toi. »



L'autre chat a l'air déstabilisé, comme s'il ne savait plus comment réagir maintenant  que tu es pleinement consciente du monde autour de toi. Il te regarde fixement, comme s'il s'attendait à ce que tu te transformes en monstre en une fraction de seconde. Sa voix est presque hésitante quand il ose enfin te répondre :

« Aux Grottes Troglodytes, dans les Monts Rocheux, au milieu du désert ... »

Tu aimes bien sa voix. Son timbre est agréable mélodieux, et surtout si naturel. Tu ne te souviens pas de la dernière fois où tu as entendu une parole qui ne t'ai semblé déformée ou atroce. Quel étrange souvenir...
Tu hoches la tête, pour montrer que tu comprends bien ce qu'il t'a dit. Tu n'as beau avoir aucune idée de ce que sont les Monts Rocheux, tu sais où se trouve le désert. Le mâle reprit, comme pour se justifier :

« Tu étais perdue, je t'ai aidé à sortir ... Enfin j'ai aidé l'autre toi. »

Il souligne son propos par un mouvement de tête et ton regard plonge dans les méandres des tunnels d'ombres. Tu te souviens... Tu étais perdue. Et il y avait quelqu'un. Que veut-il dire par l'autre toi ?
Des brides de souvenir te reviennent, même ceux dont tu ne voulais pas. Devant tes prunelles fixes, danse ta mémoire. Tu te souviens de la mort de Miyu, du fer à l'odeur de souffre et de feu, du rejet par les caméléons, de l'arrivée chez les felinae puis enfin du départ solitaire pour le désert. Ton pouvoir te protégeait des mutations des animaux, te permettant sécurité et tranquillité. Tu penches la tête légèrement, tu regardes le matou bleu, perplexe. Il n'a jamais été question d'une autre toi.
Il était question de ta folie, de ce qui a commencé sur la table d'un laboratoire et vient de se stopper sans raison au beau milieu du vent et du crépuscule.

« Il n'y a jamais eu d'autre moi. Il n'y a eu que mon pouvoir. Mon pouvoir et ma folie. Je ne saurais pas dire pourquoi donc je ne pourrais pas t'expliquer, mais c'est comme une chape de plomb qui compresse mon esprit, me fait souffrir tant et si bien que je ne contrôle plus rien. Je suis Mhei. La même que celle qui s'est perdue que celle qui se tient devant toi en cet instant.  »

Ce ne sont peut-être pas des mots très clairs, tu le sais, alors tu fais des efforts pour mieux t'expliquer.

« En réalité, je n'ai jamais réussi à maîtriser mon pouvoir. J'ai le don d'annuler les mutations, toutes les capacités génétiques qu'ont reçu les autres autour de moi disparaissent. C'est pour ça que je suis toujours seule. Mon pouvoir fonctionne quand mon pentagramme est allumé, sur toute espèce quelle qu'elle soit. Et je ne sais pas pourquoi, depuis que ces changements ont eu lieu en moi, mon esprit a été envahi par des voix et des ombres, des hallucinations tant visuelles qu'auditives, ou pires, physiques, qui m'ont gâché la vie. Notamment Passie, à qui j'avais pris l'habitude de parler... Tu as bien du m'entendre. En tout cas, pour la première fois depuis des lunes et des lunes, mon pentagramme est éteint. Mon pouvoir s'est arrêté. »

Tu rougis légèrement, gênée. Tu n'as jamais appris à te socialiser, et voilà que tu te mets à bien trop parler. Tu regardes le matou dans les yeux, en espérant que maintenant il te trouvera moins bizarre ou tout du moins cessera de te regarder avec cette insistance qui te mets mal à l'aise... Tu n'as jamais apprit à être le centre de l'attention.

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Mar 23 Mai - 16:47
Elle regarda les grottes et une lumière sembla s'allumer dans son regard. Mais quand elle se tourna à nouveau vers moi, elle eu un air étrange, comme si j'avais dit quelque chose de bizarre. Je soutins sont regard, assumant tout ce que j'avais pu dire de travers. Comparé à tout ce qu'elle avait dit de perturbant plus tôt, y compris concernant l'idée de me tuer, elle ne pouvait pas vraiment me reprocher quoi que ce soit.
Elle pencha la tête sur le côté, comme si elle réfléchissait.

"Il n'y a jamais eu d'autre moi. Il n'y a eu que mon pouvoir. Mon pouvoir et ma folie. Je ne saurais pas dire pourquoi donc je ne pourrais pas t'expliquer, mais c'est comme une chape de plomb qui compresse mon esprit, me fait souffrir tant et si bien que je ne contrôle plus rien. Je suis Mhei. La même que celle qui s'est perdue que celle qui se tient devant toi en cet instant."

Je n'avais aucune idée que c'était son pouvoir qui lui avait fait perdre la raison. Je n'avais pas eu l'impression de constater le moindre effet d'une capacité quelconque. Elle n'avait pas changé d'apparence, si ce n'était qu'elle était désormais plus calme et saine d'esprit.

"En réalité, je n'ai jamais réussi à maîtriser mon pouvoir. J'ai le don d'annuler les mutations, toutes les capacités génétiques qu'ont reçu les autres autour de moi disparaissent. C'est pour ça que je suis toujours seule. Mon pouvoir fonctionne quand mon pentagramme est allumé, sur toute espèce quelle qu'elle soit. Et je ne sais pas pourquoi, depuis que ces changements ont eu lieu en moi, mon esprit a été envahi par des voix et des ombres, des hallucinations tant visuelles qu'auditives, ou pires, physiques, qui m'ont gâché la vie. Notamment Passie, à qui j'avais pris l'habitude de parler... Tu as bien du m'entendre. En tout cas, pour la première fois depuis des lunes et des lunes, mon pentagramme est éteint. Mon pouvoir s'est arrêté. "

Ce n'était pas si rare qu'un pouvoir soit difficile à contrôler et fasse vivre un enfer à son propriétaire, certains étaient plus des handicaps qu'autre chose. Je n'étais pas à plaindre de ce côté là. En revanche, je n'avais pas remarqué qu'elle avait annulé mon pouvoir durant sa crise, il fallait dire que j'avais l'esprit bien loin d'une telle préoccupation. Mais cette histoire d'annulation de pouvoir m'était familière, où avais-je déjà entendu parler d'un tel pouvoir ? Je ne parvint pas à m'en souvenir et décidai que ça finirait bien par me revenir, ce n'était pas la peine de ruminer là dessus pour l'instant. Toujours était-il que les effets secondaires de ce pouvoir le rangeait bel et bien dans la catégorie handicap, déjà que certains ne devaient pas apprécier d'être privé même momentanément de leurs pouvoirs, alors si en plus cela rendait son utilisatrice carrément folle, il n'y avait rien de surprenant à ce qu'elle soit restée solitaire si longtemps.

Elle avait l'air bien gênée, c'était normal dans sa situation. Assumer la folie causée par son pouvoir, ça me paraissait presque impossible. Elle devait s'en vouloir de l'avoir activé, même si elle ne l'avait sans doute pas fait exprès. Et l'arrêter avait dû lui demander un effort ultime de lucidité, à moins qu'il se soit arrêté tout seul.

-L'important c'est qu'il ne fasse plus effet, approuvai-je. Je m'inquiétais de te laisser seule dans l'état où tu étais.

Je me tournai vers les entrées sombres.

-J'étais venu pour explorer les grottes, même si c'est assez normal de se perdre à un endroit pareil, je m'attendais pas à tomber sur quelqu'un d'aussi ...

Je cherchai brièvement un mot le moins blessant possible, mais je finis par renoncer et faire comme à mon habitude, à savoir déballer ce qui me venait naturellement à l'esprit.

-Instable. Sortir de là assoiffé, affamé, épuisé, c'est normal. Peut-être que la fatigue peut donner des hallucinations, mais tu ne m'as pas l'air si affaiblie.

Je soupirai. Les grottes allaient sans doute attendre encore un peu. Je regardai Mhei à nouveau, réalisant soudain que je ne m'étais pas présenté contrairement à elle.

-Je suis Toral, caméléon. Que vas-tu faire maintenant ? Je peux te guider où tu veux.


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Dim 4 Juin - 23:06


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« Creuse, creuse autant que tu peux, tu peux découvrir ce qu'il y a sous toi mais tu ne sauras jamais ce qu'il y a en toi. »



Le matou écoute tes explications, l'air compréhensif. Il ne se moque pas, ne s'emporte pas, même mieux, il ne te plains pas. Tu détestes la compassion, surtout celle que tu n'as pas l'impression de mériter.

« L'important c'est qu'il ne fasse plus effet. Je m'inquiétais de te laisser seule dans l'état où tu étais. »

Tu soupires tandis qu'il tourne la tête vers l'entrée, l'air déçu. Il devait probablement être venu ici pour une raison, que tu avais lâchement bouleversée. Parce que stupide et folle comme tu es, tu étais entrée sans même t'interroger sur la sortie. Toutes tes pensées sont tellement égocentrées que tu n'as même pas su te rappeler qu'il y avait quelqu'un d'autre dans cette histoire, quelqu'un avec des sentiments et des envies. Il retourne la tête vers toi et reprends puisque tu restes silencieuse.

« J'étais venu pour explorer les grottes, même si c'est assez normal de se perdre à un endroit pareil, je m'attendais pas à tomber sur quelqu'un d'aussi ...  »

Il stoppe en plein milieu sa phrase, comme s'il cherchait un mot qui ne te dégouterait pas plus de toi même que tu l'es déjà. Malgré tout il semble abandonner, preuve que tu es déjà bien perdue.

« Instable. Sortir de là assoiffé, affamé, épuisé, c'est normal. Peut-être que la fatigue peut donner des hallucinations, mais tu ne m'as pas l'air si affaiblie. »

Il soupira et tu baissas les yeux. Tu aurais voulu dire quelque chose, comme un semblant d'excuse, mais aucun mot ne pourrait remplacer tout ce temps perdu. Tout ce que tu as perdu, tout ce que tu lui as fait perdre aussi.

« Je suis Toral, caméléon. Que vas-tu faire maintenant ? Je peux te guider où tu veux. »

Même après avoir déjà tant fait pour toi, il propose encore de son aide. Tu secoues la tête. Tu ne veux plus avoir à le déranger.
Avoir conscience de tout ce que tu as fait en étant folle... C'est presque plus douloureux que de l'être vraiment. Tu sais déjà ce que tu es destinée à faire. Tu vas rentrer. Quitter pour de bon les Monts Rocheux et leurs dédales effrayants, retrouver une tanière, la solitude et la chaleur. Mais surtout, ne plus t'imposer. Ne plus importuner.

« Merci, Toral, pour l'aide que tu m'as apporté. Je ne l'oublierai jamais, mais je ne veux pas plus te déranger. Je ne sais pas s'il est trop tard désormais pour que tu puisses continuer de faire ce que tu désirais, mais en tout cas je m'excuse pour tout ce temps que je t'ai fait perdre. »

Tu te retournes vivement, pour qu'il ne voie pas les larmes qui ont envahi tes yeux. Tu rates toujours tout. Même tes adieux tu les rates. Tu sens en toi toute cette sérénité se déliter.
Tes pensées redeviennent de plus en plus confuses, tu la sens se répandre à nouveau dans ton esprit, avec le désespoir. Dans le vent de la nuit s'envolent de petites gouttes éclatantes, des larmes arrachées à ton visage et à ton coeur.

Parce que tu es folle Mhei, et ça ne changera jamais.
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Lun 10 Juil - 23:52
Alors que je lisais dans son regard la culpabilité, je décernais aussi une lueur dans ses yeux. Celle du voyageur fatigué qui sentait le moment de rentrer arrivé. Cela faisait parti du voyage et le retour était tout aussi agréable que le départ quand on était fatigué et repus d'aventure. Le foyer qui se dessine à l'horizon soulève un profond sentiment de bonheur, c'est l'assurance de trouver un coin douillet, chaud et familier où on peut enfin se reposer en attendant la prochaine impatience, le prochain frisson, le prochain départ vers une nouvelle aventure.

"Merci, Toral, pour l'aide que tu m'as apporté. Je ne l'oublierai jamais, mais je ne veux pas plus te déranger. Je ne sais pas s'il est trop tard désormais pour que tu puisses continuer de faire ce que tu désirais, mais en tout cas je m'excuse pour tout ce temps que je t'ai fait perdre."

C'était donc ça la culpabilité. Je n'étais pas du genre à mentir, j'aurais préféré ne pas voir mon exploration troublée à peine commencée, mais je secouai la tête pour lui faire signe, je n'avais aucune rancœur pour elle, elle n'avait pas à s'encombrer de remords. Pas à mon sujet.

Elle me tourna le dos et s'engagea sur le chemin le long de la falaise. Je la regardai descendre, elle avait la démarche sereine et sûre. Tout avait l'air d'aller bien pour elle.

-Bonne route, lui lançai-je alors qu'elle s'éloignait.

Je reportai ensuite mon attention vers les grottes. Le vent secoua les poils de mon échine alors qu'un sourire franchit mes babines. Un frisson me parcouru le dos, après ce court et insolite interlude, l'aventure reprenait pour moi.

[Fini pour moi, j'archive si c'est bon pour toi aussi.]


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Mar 11 Juil - 0:39
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